Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 13:11

Je suis arrivée là-bas pour trouver une famille toute en forme.

Elsie ne me fuit plus. Elle m'appelle "Nassara".  Elle va et vient, ne me craint plus, touche ma peau toutes les dix minutes du bout de son index. L'essuie avec son autre doigt pour voir s'il y a quelque chose comme une pommade ou autre qui resterait sur son doigt. Elle paraît fort interessée par cette expérience. puis elle me regarde.
Et puis l'activité s'estompe un peu dans le temps, mais ça revient par moment.
On raconte des livres. (évidemment)
Elle n'a que 2 ans et 3 mois mais parle déjà au point que je comprend pas mal de choses
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Elle est vraiment trop mignonne.
Elle joue la petite dame : s'attache un pagne autour des reins. (Il faut parfois un peu l'aider) Elle prend le petit balai et allons y, elle fait le ménage.








Sinon Germaine a trouvé à suivre des cours pour préparer son concours qui ont l'air de vraiment bien lui convenir. Alors elle est pleine de dynamisme. Edouard l'aide pour la grammaire. Il va tâcher aussi de préparer le concours pour passer "instit professionnel". Il donne 2 heures de cours particulier le samedi après midi pour arrondir les fin de mois qui restent vraiment tellement dérisoires !
Tout ce monde bosse.

Les copains sont passés : Fred, Bernard (le 3ème larron dans le petit film)

Lui il m'a vraiment tué : il a une double classe : CP1 et CP2 plus de 110 élèves répartis sur ces 2 niveaux et toutes les 20 mn il doit faire une leçon en changeant de groupe !!!!!!!!!!!!!


Just inimaginable. !

Il en est à sa 3ème année mais comme il suit ses élèves il n' a jamais fait ce niveau, donc il travaille jusqu'à point d'heures les soirs pour préparer ses leçons du lendemain et doit corriger les cahiers des CP2 avant la reprise des cours soit 7 h le matin !
Il ponctue ses descriptions avec "C'est vraiment pas la peine !" C'est vraiment pas la peine !"
Tout ça pour avoir 75 euros à la fin du mois, payer l'essence de la mobylette et les traites de celles ci pour rejoindre l'école en pleine brousse (un peu au sud de Sabou)

Mais, sachez que pour la peine particulière de ce travail de double classes, il touche une prime de ..... 15 euros ! Attention, c'est seulement par moments (ce doit être fonction de ce qu'il y a dans les caisses de leur Education Nationale). Il a dû toucher 2 fois depuis le début de l'année scolaire.

Et tout ça se raconte devant ceux qui peinent tellement pour essayer de décrocher ce concours ! Quel horizon.

Il faut dire que les instits sont encore parmi les privilégiés du "peuple" c'est à dire si on exclu ceux du gouvernement et des grosses entreprises intermédiaires (avec l'Europe) de Ouaga 2000.

Au milieu de tout ça on passe de bons moments.

 La mère de Santa Maria et Celestin vient d'avoir un bébé. Elle est à Ouaga. Les 2 jeunes se débrouillent tout seuls.
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J'ai même vu Celestin faire sa lessive. Chapeau ! Il n'est qu'en CE2.

Il était très triste parce que je n'avais cette fois aucune photo de lui à lui donner.
Je me suis rattrapée.
 La prochaine fois il en aura.






Le dimanche matin nous sommes allés à notre petit marché. J'adore ça. Ce n'est pas le grand marché mais une sorte de marché paysan, un peu comme dans le midi mais... Burkinabè.
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Chacun, chacune y vend sa production. J'ai pu dégoter encore tout un tas de fruits que je ne connaissais pas :

Des petits fruits pas plus gros que des noisettes, ce sont des jujubes, très sucrés,  ça se grignotte, suçotte.Mmmm, c'est bon !










Mon autre grande découverte ça a été de manger l'intérieur des "pains de singe".

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C'est le fruit du baobab.

 Comme des haricots géants, ça a une cosse dure qu'il ne faut surtout pas frotter avec les mains.

 Le dessus est comme velouté et les tous petits poils sont de vrais poils à gratter !
 Ouf, j'étais bien accompagnée parce que la grande curieuse aurait eu vite fait de ne pas faire attention.

Il faut le choisir quand il fait comme une sorte de maracas en le secouant. C'est à dire que l'intérieur doit-être bien sec

Donc, on frotte le dessus pour faire partir tout ce qui gratte et on brise le fruit.

L'intérieur est très blanc. C'est une sorte de poudre (parfois compactée) un peu comme du sucre glace qui serait citronné. Ceux qui sont assez vieux pour avoir mangé des "Mistral gagants" dans leur enfance retrouveraient à peu près ce goût.
MMMMMmmmmm c'est très très bon !

Sachez que je ne vous ai pas oublié parce que j'en ai pris un peu dans ma valise. Ca nous réchauffera des glaces du Nord.
A bientôt



Par Edith Pichard (www.lespuisatiers.com)
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 19:43
Et oui, il a fallu qu'on se voie... au Burkina.

J'ai pris un bon vieux taxi pas trop gâté et accompagnée d'une vraie bonne musique burkinabé, de quelques passagers récupérés en route, je me suis rendue de Pissi au centre ville en zigzagant parmi les vélos, les ânes les camions et les motos. en divagant de déviation en déviation. (ils transforment la route qui va vers Bobo en double voie. Et ce, du centre ville jusqu'à la sortie !

Et là, j'ai rencontré Jutta.

Ca peut paraître drôle, dit comme ça !
Mais Jutta est française, habite dans les Vosges et ça fait plus d'un an qu'on se parle par mail qu'on trouve que ce serait intéressant de se rencontrer et qu'on essaie de se voir.
Le problème est que, soit je suis au Burkina aux dates qu'elle me propose, soit c'est elle qui y était quand je pouvais.

Et pourquoi ce désir de rencontre ?DSCN8791
Jutta et son compagnon font partie d'une assoc qui agit dans un village (Manéfyam) juste à côté du village de Sanon.
En Octobre dernier, Francis Zongo m'avait menée à moto à travers la brousse pour me montrer toutes les installations réalisées à Manéfyam à l'aide de cette assoc.

(Si vous voulez en savoir plus, regardez dans le site, l'article : "Pour voyager solidaire en petit groupe au coeur de la brousse" ou un truc comme ça)

Comment s'est-on retrouvée?
Je savais qu'elle venait dans ces dates mais le grand hasard est que Jean-Loup, Puisatiers qui est venu pour les travaux de la digue de Sourgou, a voyagé précisément avec elle. Ils ont bavardé ensemble pendant le voyage, a su qu'elle me connaissait (par mail), etc etc...
J'ai donc tout de suite su quand elle était arrivée.

L'Afrique est grande mais c'est un grand village : on parle, on palabre, on prend le temps pour cela et on finit toujours par trouver quelqu'un qu'on connaît en commun.




Du coup j'ai aussi bavardé avec l'intendante-cuisinière du "Paradis", Clarisse,
je l'avais juste croisée au Paradis.
Là, comme on a pris notre temps, on a pu se rendre compte qu'elle connaissait Salam et même que son père (de Salam) venait manger dans le restaurant qu'elle tenait dans le temps à Koudougou.
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Je vous disais bien qu'on avait toujours quelqu'un de commun qu'on finissait par connaître !



Maïmouna est une jeune infirmière diplômée
 
qui a tenté le concours de la fonction publique. Dans quelle brousse lointaine sera--elle envoyée ? Personne ne sait et surtout pas elle.



Voilà, voilà  pour aujourd'hui.

J'ai bien hâte de voir les photos de Sara aux Laurentides. Rassure-toi, je ne soufflerai pas longtemps d'air chaud dans ta direction ma grande : je vais bientôt quitter  un climat qui m'est de plus en plus familier.

Steph, et Charlène aussi pour vous réchauffer le moral, je fais des petits rajouts dans mon article sur La cour de Germaine et Koudougou.

Hier, c'était impossible parce que j'avais écrit tout un truc et tout a sauté avant la fin, je n'avais plus le courage de recommencer.
Par Edith Pichard (www.lespuisatiers.com)
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 20:48

Suis bien fatiguée pour me lancer dans cet article.
Alors vous saurez juste que la ferme se situe à côté de Manéga à 60 km nord de Ouaga.
Qu'elle constitue une grande association de près de 10 villages, qu'elle a débuté petit il y a 20 ans. Qu'un français fou d'agriculture "naturelle-développement durable" en a été l'initiateur (informations à suivre bientôt sur le site des PUISATIERS)
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On y est allé avec Salam. On était vraiment contents.



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Le principal intérêt y est d'améliorer d'une manière significative
 
                 la production des céréales

à la saison des pluies.
Et ceci en enrichissant durablement les sols

Les céréales sont la base même de l'alimentation des agriculteurs.
                   Au Burkina,
une mauvaise récolte saisonnière de céréales signifie... 
      
                    la famine

qu'aucune production sur périmètre irrigué à la saison sèche ne peut enrayer : on ne peut y produire que des légumes. 
 
Dans cette ferme,
y est développé tout un système bocager de production agricole
en maîtrisant l'eau de pluie où elle tombe
et en se substituant à l'agriculture extensive et les problèmes qu'elle engendre au Sahel : surpaturage, érosion et feux.

Vous pouvez dès à présent allez voir sur leur site les explications très claires de tout leur système de production agricole et l'histoire de ce développement qui a débuté il y a 30 ans.
  
www.azn-guie-burkina.org

J'ai aussi mis un article sur le site qui s'intitule, ça me paraît si important :

Des céréales en plein sahel, visite à la ferme "pilote" AZN de Guiè, Burkina Faso
Un avenir pour les paysans au Burina Faso




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On a l'impression qu'il n'y a rien de spécial :
les concessions y sont éparpillées comme ailleurs,
c'est la saison sèche et le sol est jaune,-paille,
les arbres seuls sont verts et des buissons, encore un peu


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Mais... petit à petit on sent qu'il y a toute une ambiance gaie, déliée, bon enfant, chez les paysans et paysannes qu'on croise.

L'environnement aussi change :
il y a plus d'arbres, de buissons.

C'est à la fois naturel, sans intallation de cultures maraîchères, mais ce n'est plus tout à fait la brousse sauvage,
il y a une main mise de l'homme dans ce paysage et dans la distribution des arbres et des arbustes.

En fait il y a des sortes de haies qui délimitent des aires de cultures et des enclos d'élevage, mais comme ce sont des buissons de savane, ça ne se remarque pas tout de suite.

En effet ces haies encadrent des grillages qui empêchent les animaux errants de pénêtrer sur les cultures et, à l'intérieur des périmètres, délimitent les champs.


Une zone antifeu est systématiquement créée à l'extérieur des zones cultivées



Bon je vous en dirai plus demain si l'ordinateur marche aussi bien qu'aujourd'hui parce que nous devons essayer avec Salam (Abdou) d'aller jusqu'à Sanon demain y rencontrer Jutta et sa bande dans leur Paradis à Manéfyam. Il veut qu'on y soit pour 6 h le matin !!!
Alors ...  

 
                            ... Allez, voilà, voilà, je vous explique un peu                                                                                       

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La section pépinière très active fournit les arbres à planter et les arbustes des haies
On y apprend aussi l'art de la coupe du bois sans "déforester"


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Le bétail n'est plus livré à lui même et fournit le compost


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Un foin, récolté en septembre, quand l'herbe est encore verte est stocké pour nourrir le bétail pendant la saison sèche






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Un atelier est là pour entretenir les différents engins dont  la ferme a besoin



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Des stages d'une durée de 4 ans
sont offerts dans chacun de ces domaines à des jeunes de niveau fin CM2 appartenant à l'un de ces 10 villages associés.

Petit à petit se sont aussi développées des structures d'alphabétisation en mooré et en français pour adolescents et adultes, un orphelinat etc...

Par Edith Pichard (www.lespuisatiers.com)
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