Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 10:35
Après notre périple aux aurores je pensais faire une petite sieste bien méritée.
Mais c'était sans compter avec le dynamisme de Salam.
Voilà qu'il mannonce : "Je pars à Sourgou à 14 heures pour la digue, ça t'intéresse ?"

Nous n'avions pas eu le temps de rencontrer les institsde l'école et j'avais des calendriers et agendas à leur remettre de la part de Claudine Moissonnier. Alors je profite de l'aubaine pour le faire.
Tant pis pour la sieste !

Avec 1/2 heure de retard, à 14h30, dans un pickup chargé à bloc de grands fûts, de brouettes, de pelles, de pioches, le tout bien arimé, nous nous mettons en route. Salam, le chauffeur, le maître des travaux (de la digue) et moi.

A la 1ère station service nous stoppons, démantibulons tout le chargement et je comprends que les fûts sont à remplir de carburant (pour les engins du chantier).
Quand tout est bien défait, le garagiste tout calmement nous dit qu'il n'y a plus de carburant !!!!!!!
OK !
DSCN8840On réarrime, tant bien que mal (et plutôt vite fait) l'ensemble pour atteindre la station suivante.
Ce n'est pas loin, mais avec la route en chantier, je me demande ("on" se demande) à chaque cahot si une des brouettes ne va pas atterrir sur un vélo, une charrette à âne ou autres.

Non, tout se passe bien. Et chargés de notre cargaison d'essence, nous attaquons la route-goudron pour Sabou. Le chargement bien stabilisé cette fois.

Evidemment très vite la fatigue a raison de moi bien que le confort du pick up ne soit pas vraiment celui d'une mercedès !

Tout à coup...arrêt brusque, exclamations ! Ebaubie, je m'enquête de la raison : Panne. OK !
Nous sommes au milieu du marché de Kokologho.

Il est 15h30 et l'école termine à 17h. On est mercredi. Le jeudi est jour du congé scolaire au Burkina
Dès 17 heures les instits seront tous partis en mobylette passer leur congé à Koudougou...

Le pick up est en plein soleil, j'ai chaud, suis fatiguée, ma tourista me tord les intestins et nous sommes immobilisés au milieu du marché de Kokologho (pas un endroit très propice à trouver des toilettes)

Je me demande vraiment pourquoi je ne suis pas restée faire ma petite sieste, bien tranquille, à Ouaga.

Alors le mieux à faire est de rester assise, bouger le moins possible et attendre que ça passe. C'est un peu long, c'est un peu chaud mais ça passe et surtout on repart : la panne a été réparée !

Sans plus d'incidents majeurs on arrivera à bon port.DSCN8846


Salam a réussi à joindre le directeur de l'école qui repoussera  son départ pour m'attendre.
Dès l'arrivée, je me fais poser à l'école distante de 2/3 km environ de la digue.
L'échange a été très fructeux, j'ai pu grosso modo voir les livres qu'ils ont et le directeur a pu me repréciser ceux qui pourraient leur être les plus utiles si on en rapportait d'autres : corps humain, livres généraux sur les moyens de transport, la Terre en général et les animaux d'Afrique (pas spécialement les volcans, ni les océans...)
On a pu se donner rendez-vous pour avril, lors de notre voyage avec les lycéens

On fait vite : le jour tombe et il est difficile et surtout plus dangereux pour une mobylette de circuler de nuit.
Je n''ai plus rien à faire à l'école, je prends tranquillement la piste pour rejoindre la digue.

Très vite la nuit est là (sous les tropiques la nuit tombe d'un coup)
Et c'est sous une presque pleine lune que je poursuis mon chemin.
Là je peux vous dire que je ne me pose plus de question du type pourquoi je suis venue !
Cette brousse tranquille, des gens qu'on entend de ci de là, des ombres que l'on perçoit, des feux, le repas du soir préparé par les femmes, des rires.
Un vélo, on se dit "Zabre" "bonsoir". Des enfants à peine étonnés de me voir là,seule, cheminant. 
Avec certains, on se reconnait alors c'est le bonheur, des rires, des claquements de mains;  on me demande comment va Eric...
Et je continue.
Bientôt je quitte les endroits habités, et je me trouve en pleine brousse, seule.
Les sons, la lumière de la lune
Tout est totalement magique.
On se sent comme en accord parfait avec l'univers.
Je voudrais que le chemin ne finisse jamais


J'ai fini par rejoindre la digue.
Avec Salam et d'autres qui se trouvaient là et avec qui nous avons fait l'inventaire de mots moré (langue de la région)que je connaissais, nous sommes retournés au village à pied, avons pris une petite bière à la buvette au milieu des agriculteurs qui soufflaient, tranquilles, après leur journée de travail.

Le chemin du retour dans le pick up a été long. De nuit on conduit lentement.
 Il peut toujours y avoir un piéton, un animal et surtout un vélo sans lumière sur la chaussée.  
Par Edith Pichard (www.lespuisatiers.com)
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