Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 12:07

Vers 9 heures le lendemain (jeudi) Maxime, notre entrepreneur de solaire, vient me chercher pour aller à Woro, un village de brousse que nous avions visité avec les Moissonnier au début du séjour.
Il me faut leur porter dicos, livres que j'avais rapportés et des bics donnés en quantité par une banque aux Moissonnier.

Personne ne sait dans cette école que nous venions.
Nous n'avons aucun moyen de les joindre.
On est jeudi, jour de congé scolaire...  On tente le coup.
De toute façon, on pourra toujours laisser les sachets dans une des 2 classes paillotes qu'ils utilisent. avec un petit mot.
Mais vu que nous avions trouvé l'équipe complète des instits un dimanche, je garde espoir de trouver quelqu'un.

L'école de Woro est vraiment très loin en brousse, beaucoup, beaucoup plus difficile d'accès que Sourgou
et c'est cela qui donne encore plus envie de réussir à y acheminer des livres.
Ce sont des sortes de défis qui motivent plus que tout les vieilles bibliothécaires.

Avec Maxime, sur le chemin nous sommes passés à côté d'un périmètre équipé de goutte à goutte. On le voit très bien de la route. Un lieu que j'irai visiter un jour. Ce n'est pas loin et facile d'accès. J'aurai presque été tentée qu'on s'y arrête mais il ne fallait pas commencer à courir tous les lièvres à la fois. Notre but était d'aller à Woro


Nous avons tout de même fait un saut à son école de Kokologho pour voir son équipement de "lave-mains".

P1000850



J'ai enfin tous les éléments pour comprendre ce qui est le mieux pour Sanon. Heureusement parce qu'on partait pour un équipement mal adapté pour les enfants.












Après nous avons repris notre route, sommes passés par Koudougou pour faire une dernière bise à Germaine et lui donner ses calendriers et agendas que j'avais oublié d'apporter le week-end.


DSCN8851









Dans la cour les jeunes étaient en train de griller les arachides avant d'être écrasées au moulin puis intégrées dans la sauce.

Une grande bise à chacune et nous repartons.





En traversant le marché de la ville, un jeune vient me dire bonjour : Inoussa

Je le reconnais tout de suite, c'est Inoussa,

celui qui l'an passé en février m'avait déjà reconnue.

DSCN7183



J'étais avec Charlène sur la rue de Koudougou. Il m'avait demandé des nouvelle de Mélissa ("celle qui avait un truc aux dents" c'était son appareil). Il s'était souvenu qu'elle avait la tourista !
(tu te souviens Charlène ?)IMGP4827



Un jeune étonnant. Très vif, parlant bien mieux français que tous les autres enfants.

 J'avais cru alors que c'était un enfant marchant bien à l'école quand il m'a dit être en CE2 ???


En Avril dernier il est venu nous voir à l'hôtel.



J'ai des photos de lui avec Christelle.


J'ai vu alors comment il écrivait son nom, j'ai compris : dyslexie forte. ça m'a trop fait mal au coeur.

Aujourd'hui, il a quitté l'école et il tire la charette. Maxime m'a expliqué : il essaie de gagner chaque jour 3 sous pour manger. Il m'a dit aussi qu'il doit être orphelin s'il tire la charette. Ca se pourrait : il ne m'a jamais parlé que d'un oncle chez qui il habitait.
Il viendra nous voir en avril prochain.




Et puis nous avons attaqué les pistes,


DSCN8855








les pistes/sentiers en discutant de tout avec vrai plaisir si bien que nous sommes arrivés à Woro couvert de poussière rouge

 

mais sans avoir trouvé le temps trop long.





DSCN8573
















Nous avons trouvé le directeur, étonné mais vraiment sympa.
Il a envoyé un enfant qui était par là chercher le représentant des parents d'élèves. C'est une chose très importante quand l'école reçoit quelque chose. On a bien palabré.
Il regardait les livres d'animaux et nous a dit qu'il y a moins d'une semaine il essayait d'expliquer aux enfants, les crocodiles mais qu'ils avaient du mal à se les représenter !!!!! (on est en brousse)
Il a trouvé avec plaisir la photo de l'équipe d'instits que Serge avait tirée pour eux.

J'avais joint des "Courrier International" et quelques manuels de collège pensant que leur problème de besoin en culture générale devait être le même qu'à Sanon et évidemment c'était très bonne piocheDSCN8523


Il était vraiment content. 
A présent j'ai son n° de téléphone. Il sait que nous venons en avril. Sa famille habite à Koudougou donc il enverra certainement quelqu'un nous voir et on pourra compléter les livres et revues. Ca me fait bien plaisir parce que je savais vraiment que nous ne pourrions jamais aller là-bas. Et je n'avais que 2 dicos d'enfant à donner alors que je pense en avoir d'autres dans la cave à Creutzwald.
(Si Claudine me lit j'ai été prendre des photos des 2 forages côte à côte en grimpant sur la colline sacrée).

 

 

Nous avons quitté l'école de Woro

Et nous sommes repartis qur les pistes toujours aussi poussiéreuses.

 

 

 

Cette fois nous sommes passés par Sabou. (pas par Koudougou) et pour rejoindre la route nous avons pris une piste qui il y a 10 ans étaient régulièrement attaquiée par des bandits armés de machettes, parfois d'une arme. Ils sortaient des fourrés blessaient, dépouillaient les gens et se sauvient.

 

 

Les gens n'y circulaient qu'en groupe et jamais la nuit.

Mais la police a réussi à les arrêter en faisant eux mêmes le guêt dans les fourrés.

Tant mieux c'est le genre de rencontre dont on se passe.

 

Quand nous avons enfin atteint Sabou et le goudron (comme on dit ici la route goudronnée), nous avons fait une bonne halte :

 Avons bu une bonne flag bien fraîche et dégusté une pintade grillée. C  n'était rien que... divin

 

 

 

Par Edith Pichard (www.lespuisatiers.com)
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus